Le temps des sucres : une tradition bien québécoise qui survit encore en 2008
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03
2008
(La Voix de l'est-MC) - La récolte de l’eau sucrée était une période de réjouissance pour les premiers colons débarqués au Québec. Quatre cents ans plus tard les gens se sucrent le bec avec toujours autant de plaisir.
La découverte de cette boisson à la fois ambrée et sucrée ne revient toutefois pas aux colons. «Ça vient des Amérindiens. Les premiers colons ont constaté qu’ils entaillaient les arbres pour en retirer un liquide sucré qu’ils buvaient», explique l’historien Gilles Bachand. «Les Amérindiens inséraient une feuille de bouleau dans l’entaille et le liquide coulait dans une chaudière faite de bouleau», détaille-t-il.
Mais les colons venus de la France ne se sont pas contentés de boire l’eau sucrée. «Ils ont découvert qu’ils pouvaient aller plus loin et en faire du sucre», note M. Bachand. Au fil du temps, les produits fabriqués avec l’eau sucrée se sont multipliés. Et les techniques de cueillette se sont améliorées.
Dans les années 1920 à 1950, des chalumeaux de métal étaient insérés dans les entailles et le fluide coulait dans une chaudière également faite de métal. «Dans chaque village il y avait un ferblantier», mentionne M. Bachand.
Une immense chaudière de fonte, déposée sur des patins et tirée par des chevaux, permettait de recueillir l’eau contenue dans chaque récipient métallique. «Et l’été, cette immense chaudière était utilisée pour faire du savon avec du gras animal et de la soude caustique», ajoute Gilles Bachand. «Je me suis toujours demandé si le goût du savon demeurai», avoue-t-il en riant.
C’est au cours de cette période que la cabane à sucre telle qu’on la connait aujourd’hui a vu le jour.
Modernisation
Dans les années 1960, l’aluminium a remplacé le métal. Au cours de la décennie suivante, le cheval n’était plus nécessaire à la cueillette. Un système de tubes reliés à chacun des chalumeaux permet d’acheminer l’eau sucrée dans un énorme réservoir duquel le liquide s’écoulera vers l’évaporateur pour être bouilli.
«Il faut faire bouillir pour enlever l’eau dans l’eau d’érable. Ça prend 40 litres d’eau sucrée pour faire un litre de sirop», indique Réal Bernard, propriétaire de l’érablière Bernard à Granby. Depuis la fin des années 1970, les gros producteurs de sirop d’érable utilisent l’osmose avant de mener l’eau sucrée à ébulition. «L’osmose c’est un filtre mécanique.
Il retient les sucres et les minéraux et rejette une partie de l’eau. L’eau sucrée devient plus concentrée», résume Jean-Pierre Bellegarde de la Fédération des producteurs de sirop du Québec.
«L’eau d’érable qui sort de l’entaille contient 2 à 3 % de sucre. Après l’osmose, la concentration est de 8 à 9 %», indique M. Bellegarde. L’osmose permet de réduire le temps que l’eau sucrée devra passer dans l’évaporateur. Ce procédé «permet d’économiser du temps et de l’énergie. Mais l’appareil étant assez coûteux ce n’est pas tout le monde qui peut l’avoir», relève Jean-Pierre Bellegarde.
La magie toujours présente
L’arrivée de la technologie n’a pas réduit l’engouement pour le temps des sucres. Bien que les gens n’aient plus à circuler en chevaux pour cueillir le fruit coulé des entailles, ils prennent toujours plaisir à déguster un repas à la cabane à sucre.
«C’est l’une de nos plus belles traditions. Les gens aiment toujours autant fêter le renouveau que le printemps nous amène», observe Gilles Bachand.
Publié par : Marcel Charland à 14:56:49Permalien
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